Les lycéens (du moins ceux qui s’expriment à la télé..) ne sont pas contents de ParcourSup, sans d’ailleurs bien expliquer pourquoi précisément. Les partis de gauche à commencer par LFI réclament sa disparition (sans rien proposer en remplacement bien entendu, c’est plus facile pour récupérer la grogne..). Mais qu’est-ce que ParcourSup ? Nous avons cherché à comprendre. Voici ce que nous avons trouvé.
Avant : chaque élève constituait un dossier – avec le concours des professeurs, du CIO, de l’ONISEP ou d’autres – qu’il envoyait aux organismes du supérieur (Université, classe préparatoire..) qu’il sélectionnait – en général pas trop loin de chez soi et en connaissance – puis il attendait le retour. Parfois sans succès ce qui aboutissait à une grande quantité de candidats sans affectation en septembre. Sans connaître les critères de sélection…sauf pour certaines universités qui privilégiaient l’ordre d’arrivée ou le tirage au sort !
La suite des études poursuivies donnait lieu dans la plupart des cas à examens voire concours un peu plus rudes comme en médecine.
ParcourSup : c’est une plateforme de mise en relation. De l’ordre de un million de places post bac , 25.000 formations proposées avec aides à l’information pour un million de postulants (dont 650.000 nouveaux bacheliers et d’autres en réorientation).
Chaque formation choisie doit préciser ses critères de sélection [nous ne l’avons pas vérifié]. Et, en particulier, ces formations »receveuses » tiennent compte de certaines notes obtenues aux contrôles continus… Avec obligation de respecter une »ouverture » sociale (% de boursiers acceptés par exemple).
Revient alors l’éternel débat [qui existe depuis mai 1968…) : examen d’entrée ou de sortie (notes au bac…), contrôles trimestriels ou contrôle continu ? Sélection par les résultats scolaires ou entrée libre (la loi du plus puissant pas du plus méritant ..).
Ce n’est pas ParcourSup qui »trafique » les demandes et leur attribue une espèce de classification par des algorithmes secrets. Ce sont les formations »receveuses » qui sélectionnent suivant leurs critères qui sont appliqués aux informations transmises par les candidats via ParcourSup.
Cette année environ 126.000 étudiants n’ont pas vu leurs souhaits acceptés alors que 83.000 places restaient disponibles. Il y a donc un écart subsistant de plus de 40.000 soit environ 4% de l’ensemble [qui sont-ils ? primo accédants ou réorientés ?]. Une commission d’accès à l’enseignement supérieur peut être saisie. Nous suivrons l’évolution de la situation et les correctifs constructifs proposés par le pouvoir.
Conclusion : Certes tout système même appliqué consciencieusement et honnêtement comporte des insuffisances. C’est l’objet de l’amélioration continue [répandue dans les entreprises] de le rectifier et de corriger les erreurs. De là à jeter tout à la poubelle, il y a un pas qu’il ne faut pas franchir. Mais facile pour un politique ! Surtout dans la période préélectorale actuelle ! [on verra après mai 2027..]. C’est fascinant de voir que les représentants lycéens qui parlent – tous très engagés politiquement – se laissent aller à ce piège pour tous les autres !
Et traiter le sujet avec l’écoute ouverte et attentive est bien plus difficile ! Bon courage à nos dirigeants pour sortir de l’ornière.
