Lionel JOSPIN, chef du gouvernement de la Gauche plurielle de 1997 à 2002, vient de nous quitter à 88 ans suite à des ennuis de santé.
Nous tenons à lui apporter un hommage appuyé.
Nous sommes quelques uns à Maurepas à nous souvenir de lui, quand il est venu soutenir les débuts de l’Université de SQY.
Il incarnait l’union des forces de progrès et était à l’origine des 35 h, des RTT, du PACS.. Il convient de rappeler qu’il avait été à la tête d’un gouvernement qui avait réduit la dette publique et présentait des comptes en exécution améliorée contrairement à maintenant… Une époque prospère.
Mais il est aussi la victime de la cassure de l’élection présidentielle de 2002 où l’extrême droite a accédé au deuxième tour, commençant ainsi une lente mais sûre montée en dédiabolisation. Lionel JOSPIN n’a pu y accéder du fait des candidatures à gauche de Mme Ch TAUBIRA et de M. JP CHEVÈNEMENT… Ces symboles nous invitent à réfléchir aujourd’hui !…
Il a gardé l’image d’un homme d’une droiture absolue qui devrait en inspirer beaucoup vu ce que nous voyons en particulier ici à Maurepas.
Nous reproduisons l’hommage de François HOLLANDE :
J’éprouve à l’annonce de la disparition de Lionel Jospin une immense émotion et une infinie tristesse.
J’avais travaillé pendant des années à ses côtés au sein du Parti socialiste, et l’avais accompagné avec fierté et reconnaissance comme Premier secrétaire alors qu’il gouvernait la France de 1997 à 2002.
Lionel Jospin incarnait l’exemplarité en politique.
Premier ministre, il avait tenu à respecter scrupuleusement les promesses avancées par la gauche plurielle. Chacun a en mémoire les 35 heures, les emplois jeunes, la CMU et tant d’autres réformes devenues des acquis de notre République.
Homme d’État, il a fait preuve d’une conception élevée de l’action publique fondée sur la probité, la clarté et la responsabilité. Son retrait de la vie politique après le coup de tonnerre du 21 avril 2002 en a été l’illustration la plus convaincante.
Socialiste, il avait rejoint François Mitterrand dès les années 1970, convaincu que la gauche avait besoin d’une force centrale pour réussir l’alternance. Il avait, après 1981, durant l’exercice du pouvoir, conjugué la loyauté avec l’éthique et il n’a jamais cessé d’être un homme engagé. Bien plus tard, et jusqu’à récemment, il continuait à exprimer les idées qu’il jugeait pertinentes pour aider sa famille politique.
Comme ami, il attendait de ses proches ce qu’il exigeait de lui-même, de la cohérence, de la droiture et de la fidélité. Il ne distinguait pas les principes socialistes sur lesquels ses convictions reposaient des valeurs de la République auxquelles il était farouchement attaché.
Au-delà de la gauche qui pleure l’une de ses plus éminentes figures, la France sait qu’un de ses plus grands dirigeants vient de s’éteindre.
J’adresse à Sylviane, son épouse, à Eva, Hugo et Daniel, ses enfants, mes condoléances les plus affectueuses.
François Hollande
